3 le ressentiment
Ressentiment ?
Revenons à la Généalogie de la morale pour comprendre ce temps du ressentiment, prise de conscience et levier entre la dépendance passive des masses soumises et toute réponse envisageable.
Dans la Généalogie, le point de départ est un état stable :
La conscience de la supériorité et de la distance, je le répète, le sentiment général, fondamental, durable et dominant d’une race supérieure et régnante, en opposition avec une race inférieure, avec un « basfond humain » — voilà l’origine de l’antithèse entre « bon » et « mauvais ».
Il définit ce rapport de force comme la gouvernance des Aryens envahisseurs et maîtres jusqu'au retournement des valeurs en Grèce, du temps de Platon, puis dans tout l'occident, par le christianisme.
Un peuple Aryen et croit-on leur langue Indo-européenne sont fort à la mode au 19eme siècle : il résolvent à bon compte les interrogations sur la diversité et l'unité européenne. Et Gandhi lui-même puisera dans ce quasi mythe pour essayer de persuader les latifundiaires suprémacistes blancs que leurs travailleurs indiens sont de la même race qu'eux ("of the same stock" XXXXX) !
Les historiens depuis ont pensé à la rupture de civilisation amenée par des invasions de populations maitrisant le cheval, puis à la révolution de l'agriculture s'imposant aux chasseurs-cueilleurs, imposant des langues de diffusion propices aux échanges, les premières villes, mais tout ceci s'est passé entre 4000 et 2000 ans avant JC avec plusieurs invasions de plusieurs peuples ayant effectivement en commun un fond linguistique : rien ne dit qu'il s'agit d'un peuple, d'une langue unique s'éparpillant sur une surface de l'Europe ! Et peut-on imaginer ensuite une oppression durant plus de 1000 ans ? Et si leur langue indo-européenne s'est imposée, il faut qu'il se soient mélangés aux peuples pré indo-européens ?
En bref, peut-on penser sans se soucier de la vraissemblance historique ?
Nietzsche affirme avec une certaine assurance que "toutes les langues (xxxxxxx) sans autres preuves que de la philologie...
En fait les exemples qu'il cite concernent le Grec, le Latin, l'Allemand et le Gaélique.
En grec, la seule référence est le poête pré-socratique Théognis connu pour être un fervent aristocrate, particulirement amer après sa défaite contre la démocratie... de quoi dépeindre et regretter un âge d'or !
En latin, les dictionnaires étymologiques contemporains (A Ernoult, A Meillet) donnent "méléos"(mensonge) et non "mélas" (noir) comme apparenté de Malus (cela change tout !)
En Gaélique, le mot cité " Fingal" est en réalité un nom propre tiré d'une épopée publiée par le poete McPherson en 1762, dans sa série des poèmes d'Ossian, qui serait un légendaire et mythique poete du 3eme siècle.... Confusion probable avec le mot Fionn (F prononcé V) qui veut dire blanc, à rapprocher de Gwen en breton et de vendos* en gaulois. Dans aucune de ces langues, le blanc n'a signifié blond, ni prestigieux... A moins que le Fin-Gal Nietzsche anticipe Fine Gael (le clan des celtes, nom du parti politique dont le leader est Leo Varadkar dont le père est né à Bombay, et pourrait bien être Aryen par conséquent.... Tout cela n'est pas sérieux !
Les Aryens "nobles", les celtes blonds, les allemands divisés en blonds et bruns... (pourquoi pas les Francs (libres), les Slaves (esclaves), les Russes roux, oui c'est l'origine) ?
Tout cela, races et langues, doit être oublié et c'est un peu dommage d'avoir à décompter d'un texte philosophique rédigé par un professeur de philologie.. la philologie !
Mais une fois ce décor post-romantique enlevé, il reste ce que la référence à Théognis donne à penser : on peut effectivement imaginer que les sociétés archaïques reposaient sur le pouvoir absolu d'une caste qui ne conformait pas ses ordres à des textes ou une morale. On peut imaginer que bien des peuples parlaient de leur "bon" seigneur, comme les Saoudiens parlent aujourd'hui de leur "bon" prince : un personnage suffisament puissant pour imposer l'imprévisible, l'innommable.
Dans ce type de société archaïque, dont on définit la morale en suivant Nietzsche dans le rapport tout puissants/misérable, quelle morale est pratiquée par les gens simples entre eux, puisque Nietzsche précise qu'il y a dichotomie entre deux sociétés ?
On pense à des exemples d'invasions suivies de la constitution des 2 sociétés antagonistes imbriquées comme celle des Normands en Angleterre, des pieds noirs en Algérie, des blancs en Afrique du Sud justement... Le pouvoir s'y préoccupe de résoudre ses conflits internes et de bloquer toute avancée de la plèbe pour perdurer, jamais de régir sa morale si elle ne le menace pas : plus la classe dirigeante aura l'occasion de décrier et de mépriser la plèbe, plus elle pensera se renforcer.
Pour les peuples vaincus traînés en esclaves, pour la plébe, il y a forcément une forme d'abattement, puis d'humiliation, qui peut déboucher sur la révolte, la haine aveugle immédiate et généralement stérile.
L'abattement est l'envers de l'état stable posé par Nietzsche comme hypothèse première : ce sont les juifs marchant vers les fours crématoires sans révolte, les indiens d'amérique prenant "possession" de terres arides, lea aborigènes laissant leurs enfants aux blancs pour être élevés à l'occidentale, les ouigours "rééduqués" dans des camps chinois.... La conscience se refuse à percevoir le trauma, et l'engourdissment fait
Mais si les humiliés prennent la mesure de ceux qu'ils subissent et le définissent, ils partagent un ressentiment qui constitue la prise de conscience, le levier pour réagir. Le cas des "gilets jaunes" me parait éclairant : beaucoup d'entre eux ont témoigné avoir souffert pendant des années,sans comprendre et en se taisant, jusqu'au jour où ils se sont retrouvés et ont exprimé leur ressentiment.
C'est exactement ce que Gandhi a provoqué en peu de temps au Natal.
Max Scheller dans "L'homme du ressentiment"
ressentiment
age d'or ou droits bafoués
pas de revoltes esclaves, jacqueries,
pas creer une autre
Marc Ferro
Max Scheler, dans "L'homme du resentiment",
Religion, communication, références,
Seulement, voilà qu'entre les traumatismes et le ressentiment et cette nouvelle loi inique, face au mépris de race, Gandhi s 'est transformé :
Nietzsche dépeint le "prêtre" comme l'individu qui construit son rayonnement sur la morale et le pour s'opposer aux "maîtres".. Jamais nulle part une relation envahisseurs/ envahis n'a duré un millier d'années !
Max Scheller
Dans le cas qui nous intéresse, la "lutte des faibles" contre les "maîtres" s'appuie sur les lois et la justice définies par le pouvoir. Gandhi est un avocat, avant d'être un "prêtre",
Regardons ce qui se passe en cette année 2019 au Soudan du Sud, en Russie, à Hong-Kong, aux USA, et en France avec les gilets jaunes... Partout, les conflits se focalisent sur des lois favorisant une classe de nantis, et l'arsenal repressif qui les défend - et pour les défendre les outrepasse sans vergogne. Ce que le ressentiment pointe, c'est cette contradiction
Le ressentiment renvoie à un âge d'or antérieur imaginaire.
Dans le schéma généalogique de Nietzsche les "nobles" ne sont pas vraissemblables.
Le ressentiment se fonde sur une perception d'injustice donc sur un mythe idéalisant le passé pour construire l'avenir.
Une population envahisant un territoire, imposant ses volontés et ses avantages... le colonialisme expansioniste européen en a donné beaucoup d'exemples depuis la découverte des amériques. Le rapport entre maitres et esclaves n'a été nulle part un rapport de nobles à plèbe...
Comment imaginer que dans le cas des grecs d'avant Socrate, tel que l'affirme Nietzsche, il y aurait eu des nobles "sui generis" qui auraient inventé leurs valeurs s'imposant aux dépens du reste de la population ?
La conscience de la supériorité et de la distance, je le répète, le sentiment général, fondamental, durable et dominant d’une race supérieure et régnante, en opposition avec une race inférieure, avec un « basfond humain » — voilà l’origine de l’antithèse entre « bon » et « mauvais ».
Les arguments historiques de Nietzsche
sont
1) l'étymologie indo-européenne
Aryan signifie
1) l'étymologie grecque
Ils se nomment par exemple « les
véridiques » : et c’est en premier lieu la noblesse grecque qui
se désigne ainsi par la bouche du poète mégarien Théogonis. Le
m o t ἐσθλός, formé à cet usage, signifie d’après sa racine
quelqu’un qui est, qui a de la réalité, qui est réel, qui est vrai ;
puis, par une modification subjective, le vrai devient le
véridique : à cette phase de la transformation de l’idée nous
voyons le terme qui l’exprime devenir le mot d’ordre et le
signe de ralliement de la noblesse, prendre absolument le sens
de « noble », par opposition à l’homme « menteur » du
commun, tel que Théogonis le conçoit et le dépeint,
Theognis de Mégare est le seul auteur cité par Nietzsch à l'appui de sa thèse, pour témoigner de cette époque "première" ou les nobles se nommeraient eux-mêmes les bons.
Mais Theognis vivait vers 540 av JC, seulement deux générations avant la naissance de Socrate (-470).
Il fait de sa fierté d'aristocrate et de poète conscient de sa valeur le sujet de ses vers. Son expérience de la révolution ou stasis de Mégare le fait se tourner vers les thèmes de la décadence, de l'effondrement des valeurs aristocratiques, du mythe hésiodique de l'âge d'or et de la dikê, justice humaine à ses yeux absente de la cité. Il s'exprimait avec véhémence contre les rancunes politiques qui séparent les partisans de l'aristocratie (dont il fait partie) et les partisans de la démocratie (https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9ognis_de_M%C3%A9gare)
Ce qui relie Nietzsche à Theognis, c'est l'engagement pro-aristocratique, dénonciateur d'une décadence, du poete ce dans quoi Nietzsche se reconnait. Donc pas de lien vraissemblable avec une classe de nobles guerriers conquérants qui auraient pu exister un milliers d'année avant... par contre on voit bien un rapprochement politique.
2) latine
Le latin malus (que je mets en regard de μέλας, noir) pourrait avoir
désigné l’homme du commun d’après sa couleur foncée, et
surtout d’après ses cheveux noirs (hic niger est), l’autochtone
pré-aryen du sol italique se distinguant le plus clairement par
sa couleur sombre de la race dominante, de la race des
Page
2) l'étymologie de Fine Gael et les celtes "blonds"
le gaëlique m’a fourni une indication absolument similaire : — c’est le
mot fin (par exemple dans Fin-Gal), le terme distinctif de la
noblesse, en dernière analyse le bon, le noble, le pur, signifiait
à l’origine : la tête blonde, en opposition à l’autochtone foncé
aux cheveux noirs
Certains commentateurs comprennent ce schéma Nietzschéen comme l'envahissement par une populaton extérieure s'imposant aux autochtones. On pense à la rupture de civilisation qui a été amenée par les créateurs de l'agriculture s'imposant aux chasseurs-cueilleurs, mais le décalage avec les pré-socratiques est énorme.
S'il n'y a pas une rupture de ce type, pourquoi l'apparition de ces nobles et de leurs valeurs ne meritent-elle pas une généalogie ?
Marc Ferro
Max Scheler, dans "L'homme du resentiment",
Religion, communication, références,
Seulement, voilà qu'entre les traumatismes et le ressentiment et cette nouvelle loi inique, face au mépris de race, Gandhi s 'est transformé :
Nietzsche dépeint le "prêtre" comme l'individu qui construit son rayonnement sur la morale et le pour s'opposer aux "maîtres".. Jamais nulle part une relation envahisseurs/ envahis n'a duré un millier d'années !
Max Scheller
Dans le cas qui nous intéresse, la "lutte des faibles" contre les "maîtres" s'appuie sur les lois et la justice définies par le pouvoir. Gandhi est un avocat, avant d'être un "prêtre",
Regardons ce qui se passe en cette année 2019 au Soudan du Sud, en Russie, à Hong-Kong, aux USA, et en France avec les gilets jaunes... Partout, les conflits se focalisent sur des lois favorisant une classe de nantis, et l'arsenal repressif qui les défend - et pour les défendre les outrepasse sans vergogne. Ce que le ressentiment pointe, c'est cette contradiction
En
Au Natal comme au Transvaal, les pouvoirs locaux représentent des Afrikaners, propriétaires de grandes exploitations agricoles, qui ont dû migrer plusieurs fois auparavant vers le nord sous la pression des britaniques, et qui s'accrochent à leurs terres à leurs avantages.
Revenons à la Généalogie de la morale pour comprendre ce temps du ressentiment, prise de conscience et levier entre la dépendance passive des masses soumises et toute réponse envisageable.
Dans la Généalogie, le point de départ est un état stable :
La conscience de la supériorité et de la distance, je le répète, le sentiment général, fondamental, durable et dominant d’une race supérieure et régnante, en opposition avec une race inférieure, avec un « basfond humain » — voilà l’origine de l’antithèse entre « bon » et « mauvais ».
Il définit ce rapport de force comme la gouvernance des Aryens envahisseurs et maîtres jusqu'au retournement des valeurs en Grèce, du temps de Platon, puis dans tout l'occident, par le christianisme.
Un peuple Aryen et croit-on leur langue Indo-européenne sont fort à la mode au 19eme siècle : il résolvent à bon compte les interrogations sur la diversité et l'unité européenne. Et Gandhi lui-même puisera dans ce quasi mythe pour essayer de persuader les latifundiaires suprémacistes blancs que leurs travailleurs indiens sont de la même race qu'eux ("of the same stock" XXXXX) !
Les historiens depuis ont pensé à la rupture de civilisation amenée par des invasions de populations maitrisant le cheval, puis à la révolution de l'agriculture s'imposant aux chasseurs-cueilleurs, imposant des langues de diffusion propices aux échanges, les premières villes, mais tout ceci s'est passé entre 4000 et 2000 ans avant JC avec plusieurs invasions de plusieurs peuples ayant effectivement en commun un fond linguistique : rien ne dit qu'il s'agit d'un peuple, d'une langue unique s'éparpillant sur une surface de l'Europe ! Et peut-on imaginer ensuite une oppression durant plus de 1000 ans ? Et si leur langue indo-européenne s'est imposée, il faut qu'il se soient mélangés aux peuples pré indo-européens ?
En bref, peut-on penser sans se soucier de la vraissemblance historique ?
Nietzsche affirme avec une certaine assurance que "toutes les langues (xxxxxxx) sans autres preuves que de la philologie...
En fait les exemples qu'il cite concernent le Grec, le Latin, l'Allemand et le Gaélique.
En grec, la seule référence est le poête pré-socratique Théognis connu pour être un fervent aristocrate, particulirement amer après sa défaite contre la démocratie... de quoi dépeindre et regretter un âge d'or !
En latin, les dictionnaires étymologiques contemporains (A Ernoult, A Meillet) donnent "méléos"(mensonge) et non "mélas" (noir) comme apparenté de Malus (cela change tout !)
En Gaélique, le mot cité " Fingal" est en réalité un nom propre tiré d'une épopée publiée par le poete McPherson en 1762, dans sa série des poèmes d'Ossian, qui serait un légendaire et mythique poete du 3eme siècle.... Confusion probable avec le mot Fionn (F prononcé V) qui veut dire blanc, à rapprocher de Gwen en breton et de vendos* en gaulois. Dans aucune de ces langues, le blanc n'a signifié blond, ni prestigieux... A moins que le Fin-Gal Nietzsche anticipe Fine Gael (le clan des celtes, nom du parti politique dont le leader est Leo Varadkar dont le père est né à Bombay, et pourrait bien être Aryen par conséquent.... Tout cela n'est pas sérieux !
Les Aryens "nobles", les celtes blonds, les allemands divisés en blonds et bruns... (pourquoi pas les Francs (libres), les Slaves (esclaves), les Russes roux, oui c'est l'origine) ?
Tout cela, races et langues, doit être oublié et c'est un peu dommage d'avoir à décompter d'un texte philosophique rédigé par un professeur de philologie.. la philologie !
Mais une fois ce décor post-romantique enlevé, il reste ce que la référence à Théognis donne à penser : on peut effectivement imaginer que les sociétés archaïques reposaient sur le pouvoir absolu d'une caste qui ne conformait pas ses ordres à des textes ou une morale. On peut imaginer que bien des peuples parlaient de leur "bon" seigneur, comme les Saoudiens parlent aujourd'hui de leur "bon" prince : un personnage suffisament puissant pour imposer l'imprévisible, l'innommable.
Dans ce type de société archaïque, dont on définit la morale en suivant Nietzsche dans le rapport tout puissants/misérable, quelle morale est pratiquée par les gens simples entre eux, puisque Nietzsche précise qu'il y a dichotomie entre deux sociétés ?
On pense à des exemples d'invasions suivies de la constitution des 2 sociétés antagonistes imbriquées comme celle des Normands en Angleterre, des pieds noirs en Algérie, des blancs en Afrique du Sud justement... Le pouvoir s'y préoccupe de résoudre ses conflits internes et de bloquer toute avancée de la plèbe pour perdurer, jamais de régir sa morale si elle ne le menace pas : plus la classe dirigeante aura l'occasion de décrier et de mépriser la plèbe, plus elle pensera se renforcer.
Pour les peuples vaincus traînés en esclaves, pour la plébe, il y a forcément une forme d'abattement, puis d'humiliation, qui peut déboucher sur la révolte, la haine aveugle immédiate et généralement stérile.
L'abattement est l'envers de l'état stable posé par Nietzsche comme hypothèse première : ce sont les juifs marchant vers les fours crématoires sans révolte, les indiens d'amérique prenant "possession" de terres arides, lea aborigènes laissant leurs enfants aux blancs pour être élevés à l'occidentale, les ouigours "rééduqués" dans des camps chinois.... La conscience se refuse à percevoir le trauma, et l'engourdissment fait
Mais si les humiliés prennent la mesure de ceux qu'ils subissent et le définissent, ils partagent un ressentiment qui constitue la prise de conscience, le levier pour réagir. Le cas des "gilets jaunes" me parait éclairant : beaucoup d'entre eux ont témoigné avoir souffert pendant des années,sans comprendre et en se taisant, jusqu'au jour où ils se sont retrouvés et ont exprimé leur ressentiment.
C'est exactement ce que Gandhi a provoqué en peu de temps au Natal.
Max Scheller dans "L'homme du ressentiment"
ressentiment
age d'or ou droits bafoués
pas de revoltes esclaves, jacqueries,
pas creer une autre
Marc Ferro
Max Scheler, dans "L'homme du resentiment",
Les 10 ans qui ont construit Gandhi
Seulement, voilà qu'entre les traumatismes et le ressentiment et cette nouvelle loi inique, face au mépris de race, Gandhi s 'est transformé :
Nietzsche dépeint le "prêtre" comme l'individu qui construit son rayonnement sur la morale et le pour s'opposer aux "maîtres".. Jamais nulle part une relation envahisseurs/ envahis n'a duré un millier d'années !
Max Scheller
Dans le cas qui nous intéresse, la "lutte des faibles" contre les "maîtres" s'appuie sur les lois et la justice définies par le pouvoir. Gandhi est un avocat, avant d'être un "prêtre",
Regardons ce qui se passe en cette année 2019 au Soudan du Sud, en Russie, à Hong-Kong, aux USA, et en France avec les gilets jaunes... Partout, les conflits se focalisent sur des lois favorisant une classe de nantis, et l'arsenal repressif qui les défend - et pour les défendre les outrepasse sans vergogne. Ce que le ressentiment pointe, c'est cette contradiction
Le ressentiment renvoie à un âge d'or antérieur imaginaire.
Dans le schéma généalogique de Nietzsche les "nobles" ne sont pas vraissemblables.
Le ressentiment se fonde sur une perception d'injustice donc sur un mythe idéalisant le passé pour construire l'avenir.
Une population envahisant un territoire, imposant ses volontés et ses avantages... le colonialisme expansioniste européen en a donné beaucoup d'exemples depuis la découverte des amériques. Le rapport entre maitres et esclaves n'a été nulle part un rapport de nobles à plèbe...
Comment imaginer que dans le cas des grecs d'avant Socrate, tel que l'affirme Nietzsche, il y aurait eu des nobles "sui generis" qui auraient inventé leurs valeurs s'imposant aux dépens du reste de la population ?
La conscience de la supériorité et de la distance, je le répète, le sentiment général, fondamental, durable et dominant d’une race supérieure et régnante, en opposition avec une race inférieure, avec un « basfond humain » — voilà l’origine de l’antithèse entre « bon » et « mauvais ».
Les arguments historiques de Nietzsche
sont
1) l'étymologie indo-européenne
Aryan signifie
1) l'étymologie grecque
Ils se nomment par exemple « les
véridiques » : et c’est en premier lieu la noblesse grecque qui
se désigne ainsi par la bouche du poète mégarien Théogonis. Le
m o t ἐσθλός, formé à cet usage, signifie d’après sa racine
quelqu’un qui est, qui a de la réalité, qui est réel, qui est vrai ;
puis, par une modification subjective, le vrai devient le
véridique : à cette phase de la transformation de l’idée nous
voyons le terme qui l’exprime devenir le mot d’ordre et le
signe de ralliement de la noblesse, prendre absolument le sens
de « noble », par opposition à l’homme « menteur » du
commun, tel que Théogonis le conçoit et le dépeint,
Theognis de Mégare est le seul auteur cité par Nietzsch à l'appui de sa thèse, pour témoigner de cette époque "première" ou les nobles se nommeraient eux-mêmes les bons.
Mais Theognis vivait vers 540 av JC, seulement deux générations avant la naissance de Socrate (-470).
Il fait de sa fierté d'aristocrate et de poète conscient de sa valeur le sujet de ses vers. Son expérience de la révolution ou stasis de Mégare le fait se tourner vers les thèmes de la décadence, de l'effondrement des valeurs aristocratiques, du mythe hésiodique de l'âge d'or et de la dikê, justice humaine à ses yeux absente de la cité. Il s'exprimait avec véhémence contre les rancunes politiques qui séparent les partisans de l'aristocratie (dont il fait partie) et les partisans de la démocratie (https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9ognis_de_M%C3%A9gare)
Ce qui relie Nietzsche à Theognis, c'est l'engagement pro-aristocratique, dénonciateur d'une décadence, du poete ce dans quoi Nietzsche se reconnait. Donc pas de lien vraissemblable avec une classe de nobles guerriers conquérants qui auraient pu exister un milliers d'année avant... par contre on voit bien un rapprochement politique.
2) latine
Le latin malus (que je mets en regard de μέλας, noir) pourrait avoir
désigné l’homme du commun d’après sa couleur foncée, et
surtout d’après ses cheveux noirs (hic niger est), l’autochtone
pré-aryen du sol italique se distinguant le plus clairement par
sa couleur sombre de la race dominante, de la race des
Page
2) l'étymologie de Fine Gael et les celtes "blonds"
le gaëlique m’a fourni une indication absolument similaire : — c’est le
mot fin (par exemple dans Fin-Gal), le terme distinctif de la
noblesse, en dernière analyse le bon, le noble, le pur, signifiait
à l’origine : la tête blonde, en opposition à l’autochtone foncé
aux cheveux noirs
Certains commentateurs comprennent ce schéma Nietzschéen comme l'envahissement par une populaton extérieure s'imposant aux autochtones. On pense à la rupture de civilisation qui a été amenée par les créateurs de l'agriculture s'imposant aux chasseurs-cueilleurs, mais le décalage avec les pré-socratiques est énorme.
S'il n'y a pas une rupture de ce type, pourquoi l'apparition de ces nobles et de leurs valeurs ne meritent-elle pas une généalogie ?
Marc Ferro
Max Scheler, dans "L'homme du resentiment",
Les 10 ans qui ont construit Gandhi
Seulement, voilà qu'entre les traumatismes et le ressentiment et cette nouvelle loi inique, face au mépris de race, Gandhi s 'est transformé :
Nietzsche dépeint le "prêtre" comme l'individu qui construit son rayonnement sur la morale et le pour s'opposer aux "maîtres".. Jamais nulle part une relation envahisseurs/ envahis n'a duré un millier d'années !
Max Scheller
Dans le cas qui nous intéresse, la "lutte des faibles" contre les "maîtres" s'appuie sur les lois et la justice définies par le pouvoir. Gandhi est un avocat, avant d'être un "prêtre",
Regardons ce qui se passe en cette année 2019 au Soudan du Sud, en Russie, à Hong-Kong, aux USA, et en France avec les gilets jaunes... Partout, les conflits se focalisent sur des lois favorisant une classe de nantis, et l'arsenal repressif qui les défend - et pour les défendre les outrepasse sans vergogne. Ce que le ressentiment pointe, c'est cette contradiction
En
Au Natal comme au Transvaal, les pouvoirs locaux représentent des Afrikaners, propriétaires de grandes exploitations agricoles, qui ont dû migrer plusieurs fois auparavant vers le nord sous la pression des britaniques, et qui s'accrochent à leurs terres à leurs avantages.
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